La culture du coprah en Polynésie

Une ressource naturelle inestimable

Culture du coprahLa culture du coprah (l’huile de coco) en Polynésie française est une activité de premier plan notamment aux Tuamotu. Elle représente la principale production agricole des archipels de Polynésie et contribue à une grande partie de l’économie locale.

La culture traditionnelle du coprah, en usage depuis le XIXème siècle en Polynésie, est issue pour moitié des atolls où le coprah est de meilleure qualité grâce à un climat plus chaud et sec. Dans ces îles isolées, elle est encore parfois la seule source de revenus lorsque qu’elle n’est pas complétée par le secteur perlier et touristique.

Cocoteraie sur un atoll des TuamotuAujourd’hui, le cocotier occupe encore deux tiers de la surface agricole utilisée sur les îles, ce qui correspond à environ 12.000 hectares. En effet, de nombreux cocotiers à coprah ont été plantés au XIXème siècle au détriment de la biodiversité endémique des iles. Le cocotier fournit nourriture, boisson, récipients, fibres, toits de feuillages, combustible, engrais… La noix de coco se conserve longtemps, est facilement transportable et facile à planter : on comprend aisément qu’elle a vite représenté une source de vie indispensable aux Polynésiens.

L’huile de coco, ou huile de coprah, est fabriquée à partir de l’amande séchée de la noix de coco, appelé coprah. La pulpe de la noix de coco est extraite puis séchée au soleil afin d’abaisser son taux d’humidité. Elle est ensuite placée dans des sacs afin d’être transportée jusqu’à l’Huilerie de Tahiti. Une tonne de coprah nécessite de 4 000 à 5 000 noix de coco. L’huile brute est ensuite extraite du coprah par pression.

L’Huilerie de Tahiti a été construite en 1968. Avec une production de plus de 7 000 tonnes d’huile par an, elle fabrique une huile végétale à partir du coprah dont 95% sont destinés à l’exportation, notamment vers l’union européenne (Belgique, Luxembourg ou France métropolitaine). Cependant, elle doit faire face à la concurrence qui s’est développée depuis plusieurs années avec les productions des pays d’Asie du Sud-Est.

L’Huilerie achète l’ensemble de la récolte pour la transformer en huile brute, en tourteaux servant de nourriture animale (bétail et volaille) destinés au marché local ou en huile raffinée associée à la fleur de tiare pour la fabrication du « Monoï de Tahiti ».

Monoï de Tahiti © Monoï de TahitiLe monoï de Tahiti, qui a reçu l’appellation d’origine en 1992, est un véritable produit de soin pour la peau et les cheveux. Il est couramment utilisé par les Polynésiens mais aussi en Europe sous forme d’huile solaire hydratante. Plus récemment, un nouvel engouement pour les produits de beauté à base monoï a fait son apparition en Métropole avec des crèmes pour le corps ou des baumes pour les cheveux. Ces produits, qui s’utilisent toute l’année contrairement à l’huile solaire, représentent un nouveau marché prometteur pour l’industrie du coprah.

Dérivé du coprah, l’huile de coco est aussi très utilisée dans l’alimentaire pour la fabrication de margarines et graisses végétales comme le beurre de coco. Elle possède aussi d’excellentes propriétés moussantes, et est très utilisée dans l’industrie de la savonnerie.

Face au développement de nombreux produits dérivés du coprah, il est inévitable de voir apparaitre de nouveaux marchés. Il est d’ailleurs de plus en plus question d’utiliser l’huile de coco pour la production d’énergie en remplaçant par exemple le gazole. Le marché du coprah a donc encore un bel avenir devant lui.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *