Tahiti

Carte de TahitiTahitiTahiti, Otahiti pour les premiers européens, « l’île d’amour« , la « Nouvelle Cythère » pour Bougainville, le mythe du paradis, du « bon sauvage » de Rousseau, sont autant de noms qui évoquent la beauté de cette île que l’on associe à la Polynésie française dans son ensemble.


Néanmoins Tahiti réservera d’agréables surprises à ceux qui sauront prendre le temps de l’observer et de la découvrir…En réalité, les paysages de rêves de lagon translucides, les plages de sable blanc bordées de cocotiers et de bungalows sur pilotis ne sont pas à Tahiti mais à Bora Bora, ou aux Tuamotu.

Tahiti est une des îles les plus récentes de Polynésie, et c’est aussi la plus grande (1045 km²) et la plus peuplée des 118 îles avec environ 150,000 habitants. De forme circulaire et de plus de 200 km de diamètre, Tahiti est entourée d’un lagon dont la barrière est percée par 33 passes, la plus importante étant la passe de Papeete. Du belvédère du Taharaa, vous dominerez la baie de Matavai dans laquelle ont mouillé les premiers explorateurs il y a plus de 250 ans.
Deux volcans jaillis des eaux composent Tahiti. Un volcan d’environ 3 millions d’années pour Tahiti nui (la grande île) et un volcan d’environ 500 000 ans pour Tahiti Iti (Petite île) également nommée la presqu’île ou la péninsule. Ces volcans éteints sont reliés entre eux par l’isthme de Taravao.

Tahiti nui est dominée par de nombreuses montagnes abruptes découpées de profondes vallées inhabitées et luxuriantes, qui ne se livrent qu’aux visiteurs curieux. Les sommets les plus connus sont le Mont Orohena (2241 m), le mont Aorai (2066m), le Diadème (1321m), -nom donné par Dumont d’Urville- et le mont Marau (1493 m). Tahiti recèle également de nombreux sites archéologiques, de grottes mystérieuses et d’innombrables cascades se deversant dans des vasques où il fait bon de se rafraîchir.

Tahiti iti, dominée par le mont Ronui (1332 m) et le mont Meirenui (1306m), entourée de sa barrière de corail, du lagon et de ses plages de sable blanc, est bordée de falaises abruptes accessibles par bateau ou à pied avec un guide ! La presqu’île recèle également des trésors tels que grottes, « passage du diable », « umete géant de Taapeha », pétroglyphes, sites archéologiques pleins de légendes ou encore des rochers creux qui résonnent appelés
« Tambours de honoura ».
Vous pourrez également découvrir le plateau de Taravao, voué à l’élevage bovin et aux cultures fruitières et maraîchères, plateau étrange en ces lieux tropicaux qui offre une vue splendide sur l’isthme de Taravao et les deux volcans composant l’île de Tahiti.

Tahiti offre également de superbes sites de plongée, notamment à la presqu’île ainsi que des paysages spectaculaires avec ses longues plages de sable noir propices au surf, à Papara et sur la côte est.

Le marché de PapeeteMais Tahiti c’est aussi le cœur économique de la Polynésie française, dont la capitale est Papeete, construite le long du front de mer accueillant les magasins et bateaux de luxe, seule ville à 4000 kms à la ronde( !! ) où l’on peut trouver tout ce dont on a besoin : marché (à ne pas manquer), magasins, bijouteries, bars, boites de nuit, restaurants (français, chinois, italien…) hôpitaux….

2- Histoire de Tahiti

L’île de Tahiti n’a pas été la première île de l’archipel de la Société à être peuplée suite à la vague des migrations en Polynésie. Selon la légende, Tahiti n’aurait été peuplée que vers l’an 850 après JC par les habitants venant de Raiatea, « l’île sacrée », berceau de la civilisation polynésienne.

La suprématie de Tahiti sur les autres îles date ainsi de l’arrivée des Européens. En effet, avant la découverte de Tahiti par les explorateurs européens, Tahiti était divisée en 6 grandes coalitions d’importance inégale, les chefferies. Les Pomare, dynastie polynésienne, sont issus de la coalition portant le nom de Te Porionuu (Pare, Arue) et ont reçu, au fil des découvertes, l’appui de ces étrangers mouillant dans la baie de Matavai.

Tahiti fut découverte par le capitaine anglais Wallis qui pris possession de l’ile en la baptisant « Ile du roi Georges » le 17 juin 1767. Les premiers échanges avec les tahitiens furent houleux et Wallis dû user de la force de son canon. Le passage de Wallis rompit l’équilibre entre les chefferies et l’île de Tahiti entra ainsi dans un cycle de conflits violents qui ne s’acheva qu’en 1815.

Après Wallis se succédèrent Bougainville en 1768 sur la Boudeuse qui annexa à son tour Tahiti au nom du Roi français Louis XVI et enfin Cook en 1769, dont les écrits précieux ont permis de connaître la culture polynésienne. (voir notre page navigateurs célèbres)

Les explorateurs furent rapidement suivis des missionnaires anglais de la London Missionary Society qui vinrent s’installer en 1797 et qui ne connurent qu’insuccès.

En 1815, Pomare II conquiert définitivement son trône grâce aux guerriers des Iles Sous le Vent lors de la bataille de Narii (du temple du même nom à Puanaauia) ou de Fei Pi (bananes vertes). Cette bataille sonne le glas de l’ancienne Polynésie des aristocraties militaires des arii ainsi que la ruine du paganisme et le triomphe du christianisme en Polynésie. Par ailleurs, déjà suzerain des Tuamotu, la prééminence des rois tahitiens est reconnue petit à petit par certaines îles polynésiennes comme les îles de la Société, Tubuai, et Rimatara.
A la demande de Pomare II, un code de 19 lois baptisé « Code Pomare » fut approuvé en 1819. Il s’inspirait des conceptions puritaines des missionnaires anglais et avait pour but de mettre fin aux coutumes anciennes comme le sacrifice humain, l’infanticide et les mœurs licencieux .

Au milieu du 19ème siècle, Moerenhout, successivement consul américain puis français, demanda à la Reine Victoria qui refusa, puis aux Français de prendre possession de l’île de Tahiti afin de faire cesser les désordres qui y régnaient.

Le 9 septembre 1842, la convention établissant le Protectorat français est signée entre la Reine Pomare IV, le régent Paraita et l’Amiral Dupetit- Thouars. Ce protectorat ne sera effectif qu’en 1847. En effet, en 1843 la Reine, sous l’influence de Pritchard, consul anglais, dénonce le traîité. Le 1er novembre 1943, Dupetit-Thouars réagit : la reine est déposée, l’annexion de Tahiti est proclamée, les troupes françaises sont débarquées. La guerre franco-tahitienne débute à Taravao le 21 mars 1844 et s’achève par la victoire française le 18 décembre 1846.

Le 29 juin 1880, le roi Pomare V cède ses Etats à la France. Le Protectorat français devient Etablissements Français d’Océanie dont Papeete est la capitale. La cession à la France du Royaume tahitien (îles de la Société, îles Tubuai et archipel des Tuamotu) est ratifié par la loi du 30 décembre 1880 ayant pour conséquence de donner la nationalité française à tous les sujets du roi Pomare.

La loi du 26 juillet 1956 transforme les Etablissements Français d’Océanie (E.F.O.) en Polynésie française et dote le Territoire d’une autonomie réelle.

Tahiti a été l’îile la plus concernée par le développement économique et social des années 60 (construction de l’aéroport de Faaa, développement du port de Papeete, transformation du paysage urbain…). Ce développement a entraîné de forts flux migratoires vers l’île de Tahiti qui regroupe aujourd’hui 70% de la population.

L’île de Tahiti est devenue le centre économique, politique, social et culturel de toute la Polynésie française. Le gouvernement essaie aujourd’hui de développer les activités propres aux autres archipels et ce afin, notamment, d’éviter ces flux migratoires vers Papeete et Tahiti et faire de la Polynésie un ensemble homogène.

Source :
- History of Tahiti, by Ph. Rey Lescure
- Le mariage franco-tahitien, by Pierre-YvesTOULLELAN & Bernard GILLE
- Site web de la présidence de Polynésie française (www.presidence.pf)

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