La pirogue traditionnelle revisitée à Fakarava

L’histoire est belle et, pourtant, tout part d’un malentendu. Julien Girardot, photographe amoureux de la Polynésie, entendparler des fameuses pirogues à voiles des Tuamotu. Celles grâce auxquelles, autout début du peuplement de la Polynésie, seraient arrivés les premiers voyageurs. Suivant sa curiosité et une attirance de toujours pour les grandes épopées maritimes, il décide alors de se rendre sur place pour découvrir de plus prèsces ancestrales embarcations.

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crédit Julien Girardot / Source : https://www.facebook.com/assovaamotu

Sur place, le désenchantement est immédiat. Les habitants deFakarava sont unanimes : cela fait plus d’un demi-siècle que les pirogues àvoile ont déserté le lagon… De ce quiproquo, naîtra l’aventure « Va’aMotu ». Au terme de trois années d’études et de recherches de fonds –quelque 30 partenaires locaux et métropolitains ont adhéré à la cause –  l’association montée par Julien Girardot etson ami Ato Lissant devrait mettre à l’eau de Te Maru O Havaiki, superbe pirogue de 30 pieds (un peu plus de 9mètres), dans le courant du mois d’août. Le pari un peu fou de la »réintroduction » de la pirogue à voile aux Tuamotu est en passed’être gagné !

Protéger un patrimoine culturel et naturel unique

Depuis le début du chantier, en avril 2015, les écoles et lapopulation toute entière de Fakarava suivent avec attention et curiosité l’avancé des travaux. Dans le hangar improvisé de l’association Va’a Motu, aucœur du village de Rotoava, c’est une part de l’identité puamotu qui prend forme, jour après jour. Chaque semaine, les classes et leurs lots de questions défilent autour des coques de la pirogue en construction. Les récits des anciens sont aussi précieux, pour coller au plus près à la tradition.

C’est que le projet s’inscrit pleinement dans le cahier des charges de la réserve de biosphère de Fakarava, qui vise à concilierpréservation de la nature et développement humain dans cet atoll paradisiaque.Pour l’anecdote, Te Maru O Havaiki, signifie » l’ombre de Havaiki « , l’île mythique où les peuples de Polynésie situent leur origine…

Un projet tourné vers l’avenir

Pour mener à bien leur entreprise, les deux fondateurs de l’association ont sollicité quelques pointures de la construction navale et dumatelotage. Retrouver les racines de la navigation polynésienne, oui, mais enles mariant aux technologies les plus avancées de la construction navale. Dansl’atelier de Va’a Motu, la fibre de verre, l’époxy et le contreplaqué côtoientles planches de bois de cocotiers et de kaori

Au lendemain de la mise à l’eau de la pirogue Te Maru O Havaiki, une équipeinternationale de scientifiques débarquera à Fakarava pour mener une étude dulagon à son bord. Entre autre, l’idée est de créer une cartographie 3D del’atoll, une première, et de réaliser un inventaire de la faune de l’atoll.

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crédit Julien Girardot / Source : https://www.facebook.com/assovaamotu

Cette pirogue devrait aussi être le support d’une nouvelle activité éco touristique à Fakarava, qui permettra bientôt de s’offrir une virée authentique et écolo dans le splendide lagon de l’atoll…

Dans la foulée de cette expérience réussie, d’autres pirogues pourraient ainsi pousser ça et là dans d’autres atolls des Tuamotu. Aécrire en lettres d’or sur la feuille de route de votre prochain séjour auFenua !

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