Huître perlière : la Pinctada Margaritifera

L'huître à lèvres noires

Lorsque la nature ne put plus produire suffisamment de perles noires, l'homme fit son entrée en découvrant la magie et le mystère de la façon de reproduire ce que la nature faisait toute seule.

La perle de culture de Tahiti, développant ses formes et ses couleurs uniques dans les eaux turquoises des lagons de Polynésie, est le résultat de cette méthode. Cultivé par l'homme, le fruit obtenu par la combinaison d'un travail animal et minéral reste l'arbitre d'un dialogue permanent entre l'homme et les éléments.

Pouponnée dès son plus jeune âge au cœur de l'huître à lèvres noires, la perle améliore sa beauté et son lustre pendant 2 longues années. Les scientifiques nomment ces huîtres si particulières "Pinctada Margaritifera". Elles sont plus connues sous le nom de "nacres" et sont reconnues pour leur taille et leur capacité à produire des perles noires.

Espèces de coquillages largement répandues dans les eaux tropicales indo-pacifiques

Dans le monde extraordinairement complexe des mollusques, les bivalves - huîtres, moules, clams, coquilles St Jacques - ne constituent probablement pas la famille la plus nombreuse mais sûrement la plus convoitée.

Au sens strict, l'huître à lèvres noires que l'on trouve dans les eaux polynésiennes n'appartient pas à la famille des huîtres mais à un type particulier de mollusque bivalve au corps compressé latéralement et dont la coquille est composée de 2 valves articulées. Constituée de 3 couches, la coquille de la Pinctada Margaritifera a une couleur variant du gris au noir.

Cette espèce de coquillage est largement répandue dans les eaux tropicales du Pacifique allant du golfe persique à la Californie et du Japon aux îles du Pacifique sud. On la retrouve donc plus particulièrement aux îles Cook, Fidji, Tonga, Samoa, Nouvelle Calédonie, Philippines, Panama, dans le golfe de Californie et bien sûr, en Polynésie française.

Une huître pinctada adulte a un diamètre de 30 cm et un poids de 5 kg. Dans quelques rares cas, elle peut atteindre jusqu'à 9 kg.

En Polynésie française, on peut trouver la Pinctada Margaritifera sur les 5 archipels qui s'étendent des Marquises (au nord) aux Australes (au sud) et des îles de la Société (à l'ouest) au Gambier (à l'est).

Chaque huître produit 40 millions d'œufs

Cette espèce d'huître a la particularité de changer de sexe au cours de sa vie. Deux à trois années sont nécessaires avant que l'huître puisse être utilisée pour la reproduction.


Durant sa période "femelle" la pinctada adulte produit des oeufs tout au long de l'année. Seule la quantité extraordinaire d'œufs produits -40 millions par huître- permet la survie de l'espèce dans son environnement naturel, quantité sur laquelle le spermatozoïde compte pour trouver une chance de procréer.

La larve ainsi conçue devient la proie de nombreuses créatures aquatiques mangeant le plancton ainsi que le corail vivant des récifs. Une fois leur coquille bivalve développée, ces jeunes huîtres survivantes sont appelées des "naissains". Elles restent malgré tout la cible de nombreux prédateurs comprenant les raies, les pieuvres, les crabes et les étoiles de mer.

Soins permanents et risques financiers importants

La fragile pinctada requiert donc une attention et des soins permanents de la part des producteurs qui doivent prendre des risques financiers importants pour lancer une production de perles.

Les atolls du vaste archipel des Tuamotu sont formés d'une couronne de corail née du sommet de volcans éteints depuis des millions d'années. Le corail est un organisme vivant se régénérant au fur et à mesure de l'érosion qui le réduit en poussière. Miracle écologique, les atolls obtiennent leurs substances nutritives des eaux froides riches en sels minéraux, tandis que la couronne de corail grandit et s'étend par photosynthèse sous le soleil tropical. C'est là que les huîtres perlières trouvent un environnement favorable à leur développement.

Du fait de sa fragilité, le processus d'élevage des huîtres est très long et nécessite beaucoup d'attentions. Les producteurs de Polynésie française observent en permanence leurs huîtres à lèvres noires. Si le temps tourne à l'orage, ils plongent leurs huîtres plus profondément dans les eaux du lagon. Si la température devient trop chaude, ils les déplacent vers des eaux plus froides.

Une telle attention permet de produire de temps à autres des perles de culture quasi-parfaites n'attendant que de mettre en valeur leur beauté naturelle sur des bijoux dignes d'une telle perfection.

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