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Saisons et climat

La situation de la Polynésie dans la zone intertropicale lui confère une certaine unité climatique. L’ensoleillement est important avec une moyenne annuelle de 8h d’ensoleillement par jour. L’amplitude thermique annuelle est peu élevée (1à 5°C) : la température en journée atteint au maximum 30-32°C et 20°C au minimum, la nuit. La température de l’eau du lagon oscille toute l’année entre 23 et 26°C.


Ainsi, le climat de la Polynésie de type tropical maritime est chaud, avec des températures variant entre 24°C et 30°C toute l’année (température moyenne : 26,5°C), et humide (hygrométrie : 75%) mais tempéré par l’Océan. La Polynésie est en effet soumise à la circulation des alizés du sud-est et du nord-est qui convergent dans la zone équatoriale provoquant ainsi la naissance de deux saisons : la saison sèche et la saison humide.

  • La saison sèche ou « hiver austral« , de avril à octobre, amène une fraîcheur attendue (entre 24 et 28 °C), les mois de juillet-aout étant les plus frais, avec les alizés du sud-est, appelé maraamu. Aussi un pull (en coton) est souvent apprécié pour les soirées ou matinées.
  • La saison humide, appelée la saison des pluies, de novembre à mars, amène moiteur, humidité et pluies plus fréquentes et abondantes qu’en saison sèche, avec des alizés d’est à nord-est. Durant cette saison, des dépressions tropicales peuvent se former. Les vents peuvent atteindre des pointes à 220km/h et se transforment ainsi en cyclone, évènement extrême et rare. La Polynésie a été touchée au début des années 90 après avoir subi en 1982 -1983, 6 cyclones successifs, fait qui ne s’était plus produit depuis 1906. Ces évènements cycloniques sont dûs à un phénomène très ancien connu sous le nom de El Niño.

Moyennes annuelles à Tahiti

Pourtant, en raison de l’étendue de la Polynésie, le climat des cinq archipels présente des différences sensibles. Ainsi, le climat est tempéré dans l’archipel des Australes, certaines îles étant situées sous le tropique du Capricorne : les températures peuvent alors atteindre les 10°C en saison sèche. La saison sèche aux Marquises se situe pendant les mois d’août à décembre. Quant à l’archipel des Tuamotu, il est moins touché par les pluies abondantes de la saison humide, du fait de l’absence de montagnes auxquelles les nuages s’accrochent dans nos îles hautes.

Les îles hautes présentent en effet des micro-climats liés à leur altitude et à leur exposition : leurs côtes orientales (au vent) exposées aux Alizés sont plus sujettes aux pluies que les côtes occidentales (sous le vent) qui sont abritées.

Le phénomène El niño

Le phénomène El niño, qui n’est ni plus ni moins qu’ un courant marin côtier périodique, est connu depuis longtemps par ses conséquences néfastes et notamment pour son rôle dans la naissance des ouragans et des cyclones.

Pourtant, ce phénomène en lui-même n’est pas anomal (son activité est vieille de plus de 5000 ans), ce qui est anormal c’est la fréquence à laquelle il revient ces dernières années. Ce courant fait son apparition à la période de Noël, d’où son nom qui veut dire enfant par référence à l’Enfant Jésus. C’est ainsi qu’il se manifesta en 1972-1973, 1975-1976, 1982-1983, 1986-1987, 1991-1992, 1997-1998 (le plus puissant du siècle).

Le phénomène El Niño fait descendre des eaux chaudes des régions équatoriales le long des côtes du Pacifique, d’ouest en est, par l’effet des vents alizés. En principe, les vents alizés font converger l’air issu des hautes pressions (subtropical) vers les zones de basses pressions (équateur) entraînant les eaux chaudes de l’océan d’est en ouest. Quand les alizés perdent leur force, ils s’inversent entraînant alors les eaux chaudes d’ouest en est, constituant ainsi le phénomène El niño.

Dans le Pacifique est, les températures sont, en principe, inférieures à 25°C. Les eaux chaudes ont pour conséquence de faire monter la température de l’océan de trois ou quatre degrés. Cette augmentation de la température de l’océan génère une succession d’anomalies climatiques, caractérisées en Polynésie par l‘inversion du régime des alizés et l’apparition de cyclones qui ne se développent que lorsque la température des eaux est supérieure à 28°C, température rare à l’est.

Le programme de recherche TOGA (mesures de la pression atmosphérique effectuées au nord de l’Australie, dans la région de Darwin, et à Tahiti), associé à celui de TOPEX-POSEIDON, suivi de JASON 1, (altimétrie par satellite mesurant le niveau de la mer en 500 000 points du globe) a permis de détecter et comprendre le phénomène. El Niño, propre à la région du Pacifique équatorial, ne constitue qu’une partie du système de fluctuation climatique global appelé ENSO (El Niño Southern Oscillation).

Ainsi la différence de pression mesurée entre Tahiti et Darwin constitue un indicateur du phénomène El Niño. Un indice fort indique que les vents se renforcent et pousseront donc des eaux chaudes à l’ouest où le niveau de l’océan monte; tandis qu’un indice faible, indique l’inversion du courant.

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